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 A shadow among the darkness - Sharon

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MessageSujet: A shadow among the darkness - Sharon   Jeu 13 Aoû - 22:53

Le chien mord toujours la main de quiconque menace son maître. Une réalité absolument incontestable, qu’importe la race de chien. En l’occurrence, le molosse de Pinxit Industries avait été lâché aux trousses d’une proie presque trop facile, beaucoup trop faible. Une besogne ma foi reposante, presque ennuyeuse même…mais une besogne à accomplir proprement. Le patron dépréciait particulièrement les bavures ; Shadow en commettait rarement, et quand bien même se laissait-il aller à une quelconque frasque, elle demeurait toujours bénigne. L’erreur est humaine, fût-il de moins en moins apparenté à cette engeance.
Une ombre silencieuse se frayant un passage parmi les ténèbres immobiles, voilà ce qu’il était. Shadow passait totalement inaperçu à moins de vouloir le contraire. Ses pas n’émettaient aucun bruit, chacun de ses muscles synthétiques subissant incessamment un amortissement d’une perfection inégalée. Son manteau sombre froufroutait à peine, une brise insidieuse s’y faufilant de temps en temps, et il s’agissait d’ailleurs là de sa marque de fabrique. Des témoins, il s’assurait toujours de n’en supporter la présence. Toutefois, si d’aventure un regard indiscret venait à le surprendre, il s’évanouissait presque instantanément en un frémissement délicat, et on ne se souvenait de rien hormis de ce voile noirâtre disparaissant au détour d’une ruelle.

On ignorait son visage. On ignorait même s’il en possédait un véritable ou s’il en changeait au gré de ses missions, comme le ferait une de ces machines infernales. Du coup, quiconque avait quelque chose à se reprocher, voire ne fus-ce que quelque chose à cacher à Pinxit Industries, craignait à chaque seconde l’attaque inopinée d’une ombre meurtrière. On regardait constamment derrière soi, le corps entier suant à grosses gouttes. On ne se sentait jamais tranquille, jamais en sécurité, comme toute proie dotée d’un minimum d’instinct de survie…et c’était précisément à l’instant où on se croyait fêlé d’imaginer être la cible de fantômes perfides, que l’ombre se décidait à frapper.
Elle aimait ce petit jeu. Le frisson de la chasse, le plaisir de la traque. Le goût de la peur, fondant sur la langue comme une friandise de mille et une saveurs. Et elle en voulait toujours plus.
C’est ce qui la rendait redoutable. Sans foi, soumis à la seule loi de son maître, de cet homme plus implacable encore, qui désignait ses cibles et les abandonnaient aux griffes acérées de sa créature.

En dépit de son apparente force de caractère et de sa grande gueule, le nouveau secrétaire général de Workers Union appartenait à la catégorie des proies. Le patron s’était bien forcé à supporter son encombrante et insupportable présence dans le cadre d’un entretien pacifique, mais il avait manifestement perdu son temps. Ces gens-là causaient tellement à s’en dessécher la bouche, aboyant comme des roquets après des fantômes, que la surdité les avait frappé plus tôt que prévu. Ils ne comprenaient rien et faisaient la sourde oreille à toute proposition qu’ils n’avaient proposé eux-mêmes. Une bonne frayeur assortie d’une menace permanente demeurait le seul moyen de mettre tout le monde d’accord. Et qui d’autre que l’ombre meurtrière de Pinxit remplirait le mieux cette tâche ingrate ?

La nuit avait enveloppé Edimbourg de son voile sombre. La formidable tour de verre de Pinxit Industries brillait encore de mille feux, mais à mesure qu’on s’en éloignait, l’étreinte de l’obscurité devenait insupportable. Oppressante, menaçante, elle suggérait toujours la présence d’un danger. Du misérable rat chapardeur à l’assassin, le spectre des malfrats présentait une richesse lugubre. La cible de Shadow errait de rues délabrées en ruelles sordides, une once d’anxiété animant ses membres d’un imperceptible tressautement. Nonchalamment assis à l’angle d’un toit à-demi en ruines, une jambe tanguant tranquillement au gré du vent, le tueur le suivait vaguement des yeux. Ses prunelles mécaniques ne le lâcheraient de sitôt et, excès de zèle ou manifestation évidente de flemmardise, Shadow avait activé le programme de marquage de son augmentation rétinienne. Un curseur d’un orange criard ondoyait doucement au-dessus du crâne de sa cible, la suivant à son rythme.
Finalement, il se décida à intervenir. Je sais que demander ça à un assassin est plutôt étrange, mais j’aimerais que tu t’abstiennes de le tuer. Je veux qu’il chie dans son froc, c’est tout. Evitons les scandales, la presse en a déjà eu assez. Aryan Turner avait parlé, et Shadow exécutait.

Avec la grâce d’un félin, il quitta son perchoir et atterrit souplement derrière sa cible. Retentit un froufrou délicat, et c’est tout. La seconde suivante, le bras de fer du cyborg entourait la gorge dodue du syndicaliste obèse. Une lame effilée coulissa hors de l’avant-bras, tout doucement, arrachant quelques gouttes de sang en sus d’un couinement de terreur à la proie acculée. « Tu cries, tu meurs. » Chuchota Shadow d’une voix empreinte de ce flegmatisme inégalable. De ce timbre de machine à tuer dénuée de la moindre humanité.

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Sidhe-seer
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Ven 14 Aoû - 21:11

Rien ne dort jamais. Encore moins ici. Dans le cœur de Glascow, la nuit était un poing palpitant qui s’ouvrait, les âmes enfermés dedans déferlant comme des flèches. Les masques rutilants tombaient, et les êtres s’avançaient, nus, un sourire féroce aux lèvres. La nuit, tout était plus vrai. Et cela pour eux, plus que pour les autres, pour eux ces délaissés et ces marginaux. Quand au jour ils devaient dissimuler leur nature, la montée des ombres voyait l’éclat de cette dernière. Les mendiants devenaient des princes au long couteau et les putes des princesses. Car quelle honte y a-t-il à se cacher dans le noir ? Même les rats sortaient de leur trou. Ils embrassaient la nuit qui, maternelle, leur offrait de quoi se servir à volonté. Les yeux agrandis par la faim ils guettaient, en groupe, le moment propice où un innocent aurait son attention détournée. Il suffisait d’une seconde, la seconde, et alors des milliers de griffes s’abattaient, vous broyaient, en même temps que les crocs.

Non, la nuit, seuls les fous avaient leur place ici.

Et sans doute l’était-elle, bien folle, pour ne pas avoir encore déguerpi. Recroquevillée, ses doigts enserrant son gun comme un chapelet, elle restait là, fixe et le cœur battant. Autour d’elle, les effluves venaient vicieusement assaillir ses narines, si bien qu’elle avait presque le goût du rance et du moisi sur sa langue. Au-dehors, il y avait la proie et le prédateur. Sa proie, bordel de merde ! Longtemps, elle avait attendu, patientant et tissant sa toile. Calfeutrée dans les recoins les plus discrets, elle avait fait durer des jours entiers son observation, avant d’être sûre, certaine, du chemin du nouveau secrétaire général de Workers Union. Mais en fait, on s’en fout de tout ça. Ce gars-là s’appelait Sheperd, mais il aurait pu tout aussi bien s’appeler Kenny qu’elle ne l’aurait jamais su. Ce qui importait, c’était que ce gros tas de graisse traînait sa masse quotidiennement jusqu’à chez lui en suivant le même itinéraire (et qu’il avait l’air blindé de tunes), chaque jour, à la même heure.

Et qu’aujourd’hui, coincée dans une poubelle, Dust voyait l’objet de sa convoitise se faire dérober juste sous ses yeux.

Le plan qu’elle avait fomenté dans son esprit était on ne peut plus simple. Cet homme n’avait pas l’air particulièrement fort ni particulièrement courageux. Il serait arrivé à distance respectueuse (c’est-à-dire environ cinq mètres de la benne à ordures), et elle aurait alors jailli, diable hors de sa boîte. Tout autre habitué des lieux aurait ri, après la seconde de frayeur, et lui aurait mis la raclée de sa vie. Mais pas lui. Dust escomptait même qu’aucune balle ne serait tirée. Seule la vue de son arme suffirait à lui garantir la victoire : du blé pour ses petits. Elle s’était préparée comme habituellement. Habits noirs et informes. Garçon. Le couvercle de sa cachette légèrement redressé de quelques centimètres par sa tête, elle était restée aux aguets, les yeux rivés sur le coin de la rue. L’endroit était un cul-de-sac, il n’y avait donc nulle raison pour qu’il lui échappe, et d’autant plus qu’elle pouvait y circuler les yeux fermés.

Lorsque la silhouette du malheureux s’était dessinée sur le trottoir, elle s’était déjà habituée à l’odeur de la puanteur, et avait au contraire senti celle du triomphe imminent.
Et puis il y avait eu lui, être de chair et de métal, qui avait surgi de la nuit aussi naturellement que s’il en avait été vomi. Son long manteau de cuir le rattachait encore à la pénombre de la ruelle, et pourtant les tuyaux qui s’ancraient dans l’intégralité de son corps rendaient sa réalité plus hypnotique encore.

Le monde avait alors cessé de tourner pour Dust, sa respiration bloquée dans sa gorge, et elle avait su à qui elle avait affaire, devenant elle aussi proie indirecte.

The Shadow.

En ville, c’était un chuchotement que les mères averties glissaient à leurs enfants afin d’être sûres qu’ils soient rentrés à l’heure. Là, dans ce monde de chaos, c’était autre chose. C’était pire parce que ça existait. On évoquait d’abord le glissement, à peine un bruit, le souffle, et puis on décrivait la créature faite d’ombre, le loup aux crocs d’acier. Et plus on en parlait, plus ça empirait. C’était le monstre à ne pas croiser. Prends garde, petit, car lui, il te mange pas, non, c’était plus, tellement plus que cela. Si tu le croises, fuis, fuis aussi vite que tu le pourras. Ne prie même pas car, lui, Dieu l’a oublié depuis longtemps. Dieu nous a tous oubliés, et lui, sans doute, c’est le pire de nous tous. Celui qui a renié sa nature profonde. Le produit d’une technologie qui nous gouverne tous, qui régit nos vies comme le Très Haut ne l’a jamais fait. Et alors qu’elle le contemplait, Dust se rappelait que personne n’avait un jour dit avoir vu la Bête, et que ceux qui l’avaient fait n’étaient plus là pour en parler.

Oh. My. God.
Casse-toi. Barre-toi. Non. Il va me remarquer. Il faut que j’attende. Oh, Dieu. S’il te plait.

Malgré toute sa délicatesse, il lui sembla alors faire beaucoup trop de bruit. Rien que sa respiration devait s’entendre, sans parler du tambour dans sa poitrine. Il fallait qu’elle tienne. Déjà, le sang perlait sur le cou de celui qui ne serait pas sa victime. Il allait le tuer, et puis s’en irait. C’est alors qu’elle pourrait s’extraire de sa poubelle, ni vue, ni connue. Tentant de contrôler ses tremblements, Dust fixait les grains du temps s’écouler à une vitesse qui lui semblait infiniment lente.

Et puis il parla. Ce n’était qu’une phrase murmurée, mais le silence de l’impasse l’amplifia et la porta jusqu’aux oreilles de la sidhe-seer :
« Tu cries, tu meurs. »

Un instant, mille ans, elle réentendit l’écho de ces mots qu'elle s'était répétée encore et encore. Mais plus que cela, c'était la voix, froide et sans âme, et qui survenait parfois encore dans certains de ses cauchemars. La voix qui riait et murmurait des obscénités alors que, tremblante, elle ne pouvait que regarder. Elle se rappelait encore de l'impuissance et de la peur, la si grande peur qu'il découvre qu'elle était cachée et qu'il s'en prenne à elle aussi, qu'elle accompagne le cadavre qu'il frappait sans s'arrêter. Encore et encore. Ses frêles mains plaquées sur sa bouche, elle s'empêchait de hurler alors même que son orgueil de gosse mal nourri hurlait tout au fond d'elle.

Aujourd’hui, elle se cachait dans une poubelle, alors que celui dont le souvenir la traumatisait encore aujourd'hui était là, riant à la face du monde. Rien n'avait changé. Elle tremblait de peur avec, ajouté à cela, la peur qu'il la dépossède. C'était abject. Comment pouvait-on vivre ainsi ?
Instinctifs, ses doigts trouvèrent la gâchette de son arme et l’abaissèrent.
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Ven 14 Aoû - 23:32

« Qui…Qui êtes-vous ? » Une terreur d’une pureté absolue, délicieuse à en ravir les papilles les plus difficiles, suintait à n’en plus finir de ce pauvre type. Shadow ne s’en émut pas le moins du monde, statufié sur place, sa lame rivée à la chair flasque de sa victime. « Qu’est-ce que…qu’est-ce que vous me voulez ? » Un nouveau murmure glacé, un souffle perfide, une caresse mortifère infligée à la dérobée. « Les hommes-machines n’obéissent qu’à un seul maître, sont dépourvus de conscience, de la notion basique de bien et de mal et, pire encore, de celle de miséricorde. C’est bien ce que tu as dit, n’est-ce pas ? Tu vois, j’ai bien appris ma leçon. » La lame se resserra sensiblement ; « Alors, cher être de chair et de sang parfaitement capable de discerner le bien du mal, tu devrais être à même de savoir que c’est mal, de vexer mon vénérable maître…non ? Je te laisse méditer là-dessus, ou tu préfères qu’on mette tout de suite à l’épreuve ma capacité à éprouver de la pitié ? Ce n’est pas vraiment un domaine dans lequel j’excelle. » Une exhalaison caractéristique et d’une âcreté affreuse tourmenta terriblement l’odorat sensible du cyborg. Celui-ci fronça le nez, lâchant immédiatement sa proie et l’envoyant mordre la poussière d’un coup de pied rageur. Ce gros dégueulasse s’était pissé dessus, trop terrifié ne fus-ce que pour conserver un minimum de dignité face à l’imminence de la mort. « …et c’est ça qu’on est censé craindre ? Qui est censé défendre les intérêts de ces précieux salariés ? » Un reniflement de dégoût renforça tout le dédain d’une contemplation de juge et bourreau face à sa victime. « Tu me fais perdre mon temps. » Cracha le cyborg, empoignant le col de cette larve rampante d’une main de fer. Le type poussa un énième couinement de goret épouvanté, persuadé d’être mis à mort d’ici quelques secondes. « Tâche de ne jamais oublier ta place. » Se contenta de murmura l’assassin, toujours plus incisif.

Et puis…et puis il y eut ce bruit. Un craquement fugace…un de ces bruissements vaguement discrets qu’on tente d’étouffer à qui mieux mieux. Sans succès. Une de ces trahisons qu’un chasseur expérimenté entendait facilement. Car un chasseur expérimenté entendait tout, tout le temps…
S’agissait-il d’un rat, ou d’autre chose ? Sûrement un rat. Cette vermine grouillait à foison en ces lieux viciés. Des rongeurs d’une race plutôt surprenante, tout compte fait, comme on trouvait ailleurs des chiens d’une engeance prodigieuse. Shadow écouta attentivement le chuchotement de la brise, capable de dénoncer même les plus furtifs, et chercha d’où provenait cet étrange bruissement. « Vous allez me tuer ? » Geignait toujours le type à ses pieds. Heureusement –pour lui, il s’était gardé de se retourner. S’il voyait ne fus-ce qu’une once du visage de Shadow, ce dernier se verrait obligé d’implacablement mettre fin à cet entretien ma foi foutrement enrichissant, en sus de sa misérable vie. Très occupé à ses investigations, le cyborg en avait presque oublié sa proie. Ses prunelles synthétiques scrutaient avec circonspection une poubelle plantée là, quand Shepherd le rappela à l’ordre. « A toi de choisir. » Répondit-il simplement, faisant mine de souffrir d’une vague surdité, et de ne pas avoir perçu, du reste, ce fameux bruissement.
Il savait, en réalité.
Ses yeux augmentés lui octroyaient des capacités autrement impossibles à moins de se munir de quelque gadget. Traçage, vision nocturne…et vision thermique. Les anneaux constituant ses pupilles avaient tourné sur eux-mêmes, plusieurs fois, agrandissant l’iris, le rétrécissant, et l’agrandissant encore. Comme un objectif d’appareil photo. Et puis tout était devenu clair. Dans la poubelle, au beau milieu d’un amas de détritus immondes, se tenait recroquevillée une silhouette menue. Sa chaleur corporelle trahissait sa présence, et la vivacité de cette même chaleur dénonçait un état d’anxiété alarmant. Elle traquait la proie et s’était retrouvée elle-même affublée de ce statut misérable, un prédateur bien plus dangereux ayant décidé de montrer le bout de son nez.
Intéressant.
Un vague sourire étira les lèvres de Shadow. Il avait envie de jouer, de se dérouiller les pattes voire d’en aiguiser les griffes sur quelque carcasse saignante. Cette petite vermine l’avait surpris, entendu, écouté…l’option de la fuite exempte du moindre dommage s’était volatilisée dès cet instant fatidique. Pas de témoins, jamais.

Comme s’il venait d’achever sa mission, le cyborg s’évapora à l’angle de la venelle, l’inquiétant froufroutement de son manteau sombre dénonçant la manœuvre. Quelques instants plus tard, il avait réinvesti un perchoir, là-haut, sur le toit. Juste au-dessus de la scène, de la ruelle…de la poubelle. S’asseyant tranquillement à l’extrémité du faîte, il s’accorda un petit moment de distraction. Allez, petit rat, sors de ta cachette… Shepherd s’était relevé et, encore groggy, tout tremblotant, se dégota un mouchoir de tissu dans l’espérance d’éponger un peu la quantité phénoménale de sueur tachant son front. Et d’effacer la marque écarlate de la lame de l’assassin, accessoirement. Une espèce de pétillement perfide éclaira vaguement les prunelles de ce même assassin, dès lors que le raton se hasarda à sortir son petit nez frétillant. Voyons-voir comment tu te débrouille dans la peau du prédateur.
Que le spectacle commence.
Silencieux comme une ombre, effacé comme telle, Shadow observait…contemplait, admirait. Cela faisait belle lurette qu’il n’avait eu droit à semblable divertissement.

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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Ven 14 Aoû - 23:35

Elle n’avait pas espéré le cliquetis métallique discret, bien au contraire. Son corps frissonnait encore sous l’effet de la peur, et elle sentait son cœur prêt à défaillir, mais la rage avait éclot.  Née quelque part au fond, tout au fond d’elle-même, elle se répandait en une vague qui peu à peu l’absorbait, et qui prenait le pas sur la frayeur. Dust tremblait de tous ses membres, oui, mais les mains serrées autour de son colt, elles, ne tremblaient pas. S’il le fallait, elles presseraient la détente et auraient le bonheur de lui éclater la cervelle. Tu verras alors, Atrocité, si les rats sont si insignifiants que ça. Ils n’étaient que des gamins jetés dans la gueule du monde,  sans identité autre que celle inscrite au fond de leur rétine, mais ils avaient la niaque et mordaient profondément dans les mamelles de la vie. Si leurs clans étaient disparates et prompts aux querelles intérieures, ils formaient bien vite une seule et unique menace face à ceux croyant les dominer, ces ignorants venus du « dehors ». Tuer un des leurs, c’était vouloir les tuer tous.
Et depuis des années, le fantôme de l’un d’eux criait vengeance.

Comme en réponse à sa provocation, les yeux de l’autre se plantèrent soudain dans les siens. Elle vit ses iris bleutés, luminescentes, vriller contre son propre regard, brûlés par le feu qui sourdait en eux, et son sang se glaça sous ce coup. Les chances qu’elle avait de l’emporter contre un tel être ne se comptaient même pas sur les doigts de la main et, oh Dieu, même son regard n’était pas humain ! Sa prise sur la crosse de son arme se fit plus hargneuse, tant Dust se sentait pleine d’impuissance. A sa haine se mêlait la crainte, car elle mourrait d’envie de se sauver, voulait tant lui faire payer, ne devait pas rester là, avec toutes les chances d’y passer qui lui pendaient au nez. Mais putain, que pouvait-elle faire ? Or le poids de ces pupilles mécaniques disparut quand il cessa de la regarder (et l’avait-il jamais vue ?) pour reporter son attention sur la proie la plus proche. C’est avec une honte indicible que le soulagement l’envahit et qu’elle redevint spectatrice. L’Ombre relâcha le gros homme, pantelant sur le sol, et s’éclipsa, retournant aux ténèbres qui l’avaient engendré et abandonnant la jeune fille qui n’en croyait pas sa chance. La vie sauve et une cible retrouvée. L’amertume de sa faiblesse était encore amère sur sa langue, mais ce soir elle aurait de quoi nourrir sa bande.

De son côté, Henry Sheperd tentait de retrouver une digne contenance et s’essuyait avec son mouchoir brodé. Passant et repassant le tissu de son front à son cou, car la joie d’être encore en vie lui avait fait oublier que ce procédé n’aboutissait qu’à s’étaler son propre sang sur sa figure, le secrétaire général et toute sa graisse tremblante peinaient à réaliser ce qui venait de se passer. On l’avait agressé. Pire encore, on avait commandité son agression, et ce dans le but de le faire taire. Les menaces du cybog résonnaient toujours à ses oreilles, promesses de châtiment à venir si elles n’étaient pas exécutées, et, à travers lui, c’était Pinxit tout entier qui lui ordonnait de fermer sa grande gueule. Il eut un sanglot de mépris. Il n’était pas assez bête pour risquer sa peau, et ce malgré l’envie violente qu’il avait de tous les dénoncer. Tous ces chiens à la botte de leur maître. Il ne pouvait que s’exécuter et rentrer chez lui, la queue basse. Le pantalon collé aux jambes, il fit quelques pas hésitants, lorsque brusquement la benne à ordures près de lui vacilla. Doucement d’abord. Puis s’effondra violemment dans un vacarme assourdissant.
Il n’eut que le temps d’une exclamation de surprise. Au milieu des sacs poubelles et autres ordures jaillit un adolescent puant et débraillé qui lui colla le canon d’un pistolet sous le menton.

Pour la deuxième fois de la nuit, Heryn Sheperd se retrouvait en position d’infériorité. Un gémissement plaintif jaillit de sa bouche.

« Qu… Qu’est-ce que… »

« Ta gueule. »

L’adolescent avait parlé d’un ton bas mais dur. Son œil planté sur l’humain le scrutait derrière des mèches rougeâtres, par en dessous sa casquette. Dust jubilait. C’était presque trop facile. En plus, d’après l’odeur qui parvenait à ses narines (car elle était accroupie), il s’était déjà pissé dessus. Avec lenteur, elle se redressa sans jamais cesser de le regarder.

« Ecoute-moi. »

Ce qui était pratique avec les gens comme ça, c’est qu’ils obéissaient parfaitement bien sous l’effet de la peur. Ne pipant mot, sa victime l’observait avec des yeux de poisson mort, et elle en aurait ri de bon cœur si l’adrénaline n’avait pas couru si vite dans ses veines. Pourvu qu’aucune patrouille ne passe par ici. Il y avait peu de risques, car Glascow avait la réputation d’être un coin désespéré pour la justice, ou en tout cas pour leur justice, mais on est jamais à l’abri des surprises. Et puis il y avait autre chose. Un je ne sais quoi qu’elle parvenait à palper du bout des doigts, sans parvenir toutefois à s’en saisir. Car c’était trop facile justement.

Ne réfléchis pas. Agis.

Contrastant avec la vitesse qu’elle avait prise pour se mettre debout, son genou s’abattit soudain avec force contre l’entrejambe du malheureux. Un cri bref résonna entre les murs de l’impasse et cette fois-ci ce fut le front que visa la sidhe-seer.

« File-moi ton fric. »
Son pouce abaissa la gâchette dans un bruit infime mais clair.
« T’as trente secondes. »

Un éclat de convoitise traversa les yeux de l’adolescente mal nourrie quand bijoux et portefeuille rebondi furent jetés à terre. Prestement, elle s’en empara, non sans lâcher sa victime de son arme, et les engouffra dans la sûreté de sa sacoche. Puis, elle recula et, à son tour, les ombres l’avalèrent. Pour Henry Sheperd, il ne resta que l’oubli.

Alors, Dust se mit à détaler. Ses maigres jambes s’empiffrèrent des mètres les uns après les autres, désireuses de foutre le plus de distance possible entre le millionnaire et elles. Tout était allé trop bien, oui, tout avait été trop facile. Elle savait, elle sentait que ce n’était pas normal. Son instinct de chasseur tout entier lui murmurait qu’elle-même ne se serait jamais laissée s’en tirer comme ça.
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Sam 15 Aoû - 16:34

Installé en bordure de toit, une jambe pendante dans le vide, Shadow contemplait le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Un sourire amusé flottait sur ses lèvres. Le rat sort de sa cachette en l’absence de la vipère. Il couine de joie dès qu’elle cesse de siffler à son oreille. La nature faisait si bien les choses. Et le voilà, le rat, s’improvisant prédateur. Le voilà qui attaque la proie de la vipère, déjà imprégnée et affaiblie par son poison. Les opportunités sont si rares, une telle facilité si fortuite…et si dangereuse.
Shadow apprécia franchement ce spectacle inattendu. Le rat obtint finalement sa tranche de fromage et fila à toute vitesse. La vipère resta un instant immobile, songeuse. Ce rat-là éveillait étrangement son intérêt. Et il courait drôlement vite. La vipère se mit en chasse, glissant tranquillement à sa suite. Les toits offraient une vue imprenable. Elle n’eut donc aucune difficulté à suivre sa trace. Ses yeux ne la lâchaient pas. Sur sa matrice rétinienne se distinguait clairement sa silhouette menue. Elle était rougeâtre et vive, comme s’il utilisait constamment sa vision infrarouge.
Au détour d’une ruelle, le rat s’arrêta. Shadow s’approcha de la faîtière d’un toit et y appuya un genou. Il observa cette petite créature et sa fouille avide du larfeuille du gros syndicaliste. Face à sa satisfaction, il applaudit au ralentit. Clap. Clap. Clap. Les doigts de métal de sa main droite claquaient contre la paume de la gauche en un geste caricatural. Un bruit que charriait le vent, et d’une provenance incertaine. Tout était soigneusement calculé.
Très impressionnant, fit l’Ombre.
Elle avait déjà disparu. Elle avait sauté de son perchoir et atterri souplement à bonne distance du rat. Et elle le regardait, enveloppée de sa cape d’ombres mouvantes. Elle rôdait autour de lui, dangereusement intéressée. En voilà un drôle de gosse, songea-t-elle. J’en ai vu, des rats de son genre. Et aucun ne m’a semblé si… Si. L’Ombre ne trouvait les mots. Elle plissa les yeux, suspicieuse.
Vraiment, ajouta-t-elle.
La panique s’était emparée du rat. La vipère l’avait senti. Elle sentait la peur, cette émotion aux saveurs exquises et inégalées. Elle sait. C’était une évidence. La vipère rôdait toujours ; prédateur affamé aux affinités sadiques. Elle ne se montrerait pas. Pas tout de suite.
Tu as peur. Ce ne sont pas les ombres qui t’effraient. Ce n’est pas l’acte que tu as accompli. C’est moi…Je le sais depuis l’instant où je t’ai vue dans cette poubelle. Il semblerait que tu saches à qui tu as à faire. (Silence.) C’est…intéressant.

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Sidhe-seer
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Dim 30 Aoû - 19:48

Elle fuyait, ne sachant pas exactement quoi, mais étant certaine qu’il fallait qu’elle s’en écarte. Dust partit comme une balle, s’engouffrant dans les rues étroites et se fondant dans leurs ombres protectrices. Elle connaissait ces quartiers par cœur, et son souffle répondait aux effluves nauséabonds de la nuit. Elle n’avait pas besoin de réfléchir à où aller, et comment. Tout cela était inscrit profondément en elle. Bien vite, elle trouva un de ces cul-de-sac toujours déserts, oubliés des citoyens, dans lequel elle pénétra et attendit. Son souffle brûlant était mince et elle s’efforçait de ne faire aucun bruit, tous ses sens à l’affut. L’avait-il suivi ? Etait-elle vraiment sauve ? Elle savait, devinait de l’Ombre était capable. Et si Elle avait décidé de s’en prendre à elle, alors Dust ne pourrait que prier tous les dieux pour espérer s’en sortir au moins vivante.
Dix minutes. Dix longues minutes. Rien.

Sa main se glissa dans sa besace, effleurant du bout des doigts ses multiples conquêtes avant de saisir la dernière. Extirpant le portefeuille rebondi de son sac, elle en admira la courbe généreuse, le cœur battant. Elle guettait toujours le moindre pas à sa suite, le moindre grincement de métal, mais l’air de la nuit ne lui faisait parvenir que quelques éclats de voix et l’écho de rixes non loin de là. Un faible sourire étira ses lèvres. Lui aurait-elle vraiment échappé ? D’un geste familier, elle fit sauter le bouton du portefeuille et en examina le contenu. Beaucoup de billets, avec ajouté à cela les bijoux qu’elle avait gagnés également. Une lueur presque bestiale passa dans son regard. Une belle prise.
Clap. Clap. Clap.
Son sang ne fit qu’un tour et toute couleur quitta son visage.
Oh, non.
« Très impressionnant. »

En une seconde, le portefeuille retrouva son abri et, à sa place, surgit le colt que la jeune fille serra entre ses doigts frêles. De légers tremblements s’étaient mis à agiter son corps, tremblements qu’elle s’efforçait de maîtriser en même temps que la cadence du tambour dans sa poitrine qui s’était mis à battre beaucoup trop vite. Elle serra son gun à s’en faire mal. Calme-toi. Respire. Respire. Fébrilement, elle se mit à chercher le prédateur des yeux, ce qui ne fit qu’accroître son malaise. Là, des iris incandescents ! Mais sitôt que son regard s’y accrochait, la silhouette disparaissait. S’écartant du mur, le rat scruta la nuit, déchiffrant ses formes pour tenter de déceler la cachette de l’autre. Ca ne marchait pas. Sa voix résonnait, tantôt proche d’elle, tantôt beaucoup plus loin. Un éclair terrifiant passa devant ses yeux et elle se revit, priant, tremblant, dans le fond du placard, pour qu’il ne la découvre pas. S’il vous plait. S’il vous plait.
La dernière remarque qui parvint à ses oreilles lui fit entrevoir l’ombre d’une chance. S’il avait décidé uniquement de jouer avec elle, alors elle pouvait peut-être s’en sortir. Même si la manière qu’il avait de la traquer la rendait presque malade de terreur, elle se fit force et ferma les yeux. Tu ne pourras pas le trouver ainsi. Faisant confiance à son ouïe, elle passa sa langue sur ses lèvres sèches et jeta d’une voix qui se voulait impassible.
« Tout le monde connait The Shadow. Qu’est-ce que vous me voulez ? Je n’ai rien. »
Et c’était vrai. A part sa besace, elle ne possédait rien sur elle qui eut une quelconque valeur. Si elle avait été habillée en fille, il aurait pu vouloir la violer, mais elle portait ses vêtements de garçon, et était tellement habituée à parler de façon grave que cela était devenu presque naturel. Le son de sa voix ne pouvait pas la trahir.
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Mar 1 Sep - 0:04

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Shadow siffla.
C’est qu’elle est armée, dites donc. (Ricane) Tu comptes me faire mal avec ça ?
Un frisson de terreur traversa la gamine. Shadow pouvait presque sentir sa peau se couvrir de chair de poule. Elle devait croire qu’il voulait la violer. L’Ombre était bien des choses : un assassin, un tueur de sang-froid, le chien d’attaque de Pinxit…C’était un homme lâche, déloyal, futé et vicieux. Mais un violeur…ça, jamais. Malgré qu’il attaque dans le dos et affaiblisse ses victimes à grand renfort de toxines virulentes, il avait un minimum d’honneur, tout de même.
La gamine était fringuée en garçon. Son frisson était sûrement dû au fait que Shadow l’ait démasquée. Il serait un assassin franchement merdique s’il se montrait incapable de différencier un homme d’une femme à sa seule façon de bouger.
Elle le cherchait, désespérément. Shadow allait et venait, faisait volontairement du bruit à certains endroits, attirant le regard de sa proie ailleurs que là où résonnaient ses pas. Un simple froufrou, un léger claquement de talon…mais des indices malgré tout.
Tout le monde connait The Shadow. Qu’est-ce que vous me voulez ? Je n’ai rien.
Bien sûr que si, tu as quelque chose. Une chose dangereuse, qui attirerait des ennuis à mon boss si elle tombait entre de mauvaises mains.
Il se tut un moment, laissant au rat tout le temps de monter un cran dans la terreur. Que voulait-il donc ? De l’argent ? Non...Shadow se foutait bien de l’argent. Son art le faisait bien vivre. Un paiement en nature ? Il n’était pas de ce genre-là, merde ! Eh bien quoi, alors ?
Tes souvenirs.
Un coup de vent. Le danger se rapproche.
Tout le monde connaît l’Ombre de Pinxit, mais personne ne l’a jamais vue à l’œuvre. Personne ne connaît mon véritable visage.
Personne, sauf toi.

Il est tout près.
Shadow s’inclina légèrement, à hauteur de la gamine.
Derrière toi.
Toute réaction avait été soigneusement anticipée. La gamine se retourna vivement et tenta de le braquer. Shadow saisit son bras et la calma d’un coup de genou à la jointure des côtes flottantes, bien au milieu du tronc. Elle se courba et, de sa main libre, Shadow lui tira les cheveux. De cette manière un tant soit peu barbare, il la força à le regarder.
Shadow exhala un soupir.
Si tu m’as vu, c’est que j’ai merdé, confessa-t-il. Mais Père n’en saura rien.
Désolé gamine mais ce soir, tu meurs.

La lame de son bras libre coulissa hors de son fourreau. Shadow la glissa sous la gorge de sa victime.
A cet instant, il le vit. Son regard. Ces yeux…anormalement verts.
Et tout lui revint en mémoire. Sa façon de courir, cette vitesse et cette endurance hors norme ! Cette force étonnante (attendez, elle avait quand même renversé une putain de poubelle pleine à craquer !)…
Shadow redoubla de vigilance.
T’es une sidhe-seer ?!

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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Mar 1 Sep - 18:35

Au cours de sa misérable vie, Dust avait cru de nombreuses fois que son heure était venue. L’existence de rat n’est pas connue pour être synonyme de sécurité et de confort. Combien de fois des forces armées étaient-elles entrées dans leur nouveau repaire ? Combien de fois d’autres bandes affamées étaient-elles venues leur chercher des noises ?
Mais, peu à peu, elle avait appris. Appris à se fondre dans la masse, à trouver la cachette la plus efficace le plus rapidement possible, à chaparder les pièces les plus précieuses discrètement et avant que les autres ne les remarquent. Passée sa quinzième année, elle savait qu’elle avait atteint un âge que peu pensait atteindre un jour parmi les plus jeunes. Elle était malléable, adaptable, et avait fini par en nourrir une certaine fierté. Elle savait comment survivre. Elle avait appris.
Alors comment était-elle parvenue à se retrouver dans cette putain de situation où aucune issue ne se profilait à l’horizon ?

Lorsqu’il lâcha sa petite remarque cynique incluant son sexe véritable, elle crut qu’elle allait défaillir. Sa respiration s’étrangla dans sa gorge et elle dut faire appel à toute la volonté dont elle était capable pour ne pas se laisser choir au sol. Il a compris que j’étais une fille. Ça ne veut rien dire. Je peux encore m’en tirer. Néanmoins, la peur commençait déjà à tordre ses intestins. Elle avait toujours réussi à échapper au viol, se jurant de tout faire pour que ça ne lui arrive jamais. Elle n’avait que dix ans quand elle avait vu devant elle une fille plus âgée être brisée par ce genre de torture, et avait compris ce jour-là que le luxe d’être une fille et de s’afficher en tant que telle ne lui était plus offert. Mais elle était plus forte que ça, tenta-t-elle de se rassurer. Ce qui ne me tue pas me rend plus forte et, tant que je suis en vie, alors c’est tout ce que je demande. Je veux vivre, s’il vous plait. Pas avoir enduré tout ça pour… Pour rien.
« Bien sûr que si, tu as quelque chose. Une chose dangereuse, qui attirerait des ennuis à mon boss si elle tombait entre de mauvaises mains. »
Ses yeux, qu’elle avait gardés fermés jusqu’à s’en faire mal, se rouvrirent brusquement sous l’effet de surprise. Quoi ? Par réflexe, elle se remit à guetter vivement la trace de l’Ombre, cherchant cette fois-ci à capter son regard inhumain, car elle ne comprenait pas. Que pouvait-elle bien posséder de si compromettant pour l’immensité de Pinxit ? En une seconde, elle se remémora ce qu’elle avait entassé dans son sac. Ce n’était que des pièces métalliques, juste bonnes à être revendues. Aucune disquette, aucune puce électronique n’avait été ramassée aujourd’hui. Pourquoi lui disait-il une chose pareille ?
« … Je… Je n’ai ri… » commença-t-elle à répéter faiblement.
« Tes souvenirs. »

… Ses souvenirs ? Se rappelait-il d’elle ? Pourtant, elle était absolument certaine que, ce jour-là, il ne l’avait pas remarquée. Si ça avait été le cas, il l’aurait probablement dénichée et sortie de son placard pour lui faire subir le même sort qu’à son camarade. Le simple fait d’être en vie démontrait qu’il n’avait pas perçu sa présence dans cette pièce sombre (peut-être grâce à l’odeur de l’urine). A quoi bon, cependant ? A quoi bon avoir survécu si leurs routes se croisaient à nouveau aujourd’hui ? Car, derrière ce mot « souvenirs », Dust devinait aisément ce que l’Ombre sous-entendait. On n’échappe pas deux fois à la mort.
« Tout le monde connaît l’Ombre de Pinxit, mais personne ne l’a jamais vue à l’œuvre. Personne ne connait mon véritable visage.
Personne, sauf toi. »

Ses tremblements s’accentuèrent. Et voilà, fait comme un rat. Tout ça parce que la vie avait décidé d’être une putain de chienne avec elle aujourd’hui. Il avait suffi qu’elle soit là, au mauvais endroit, au mauvais moment, et qu’elle soit témoin d’une scène qu’elle n’aurait jamais dû voir. Une maigre étincelle de ce qui restait de sa fierté se souleva légèrement, arguant que c’était sa proie au départ. Pas la sienne. C’était elle qui l’avait filée durant des semaines, qui avait établi son itinéraire et choisi le moment propice. Dès lors, ce ne fut plus seulement de terreur qu’elle trembla, mais aussi de honte et de haine entremêlées. Cela lui redonna un regain d’énergie, et elle puisa en cet instinct bestial qui la rendait arme par nature, et donc apte à survivre. Elle s’apprêtait à le localiser à nouveau pour braquer son arme sur lui quand son souffle se fit sentir dans son cou.
« Derrière toi. »

Dans une exclamation de surprise, elle voulut se retourner, mais il était déjà trop tard. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il l’avait saisi par le bras et son genou avait rencontré son ventre. Le coup expulsa l’intégralité de l’air que contenaient ses poumons et elle défaillit, la bouche ouverte et les yeux exorbités. Une plainte silencieuse jaillit de ses lèvres alors que, suite à cela, il l’agrippait par les cheveux et la forçait à redresser la tête, striant de douleur son crâne. Un bruit feutré lui indiqua que sa casquette venait de tomber au sol. Une seule pensée résonnait entre les vagues de frayeur et de souffrance. Je vais mourir. Je vais mourir. Je vais mourir.
« Si tu m’as vu, c’est que j’ai merdé. Mais Père n’en saura rien. Désolé gamine mais ce soir, tu meurs. »
Qui est Père ? Putain, je vais mourir. Non. Non. Non !
Des larmes commencèrent à abonder sur ses joues à elle qui détestait pleurer et qui ne se l’autorisait quasiment jamais. Un mince filet d’air se fraya un chemin à travers sa gorge et elle put respirer à nouveau normalement. Cela la réveilla. Aussitôt, elle commença à se débattre frénétiquement, tirant sans ménagement sur le bras qu’il tenait, peu importe la douleur. La douleur est le pain quotidien. De la même manière, elle voulut dégager sa tête de son emprise, hurlant comme une possédée. Cela ne fit qu’accroître le tiraillement et de longues mèches de sang vinrent pendre autour de son visage.
« Non ! Non ! Lâche-moi ! Putain, lâche-moi ! Laissez-moi partir ! Laissez-moi ! »
Réalisant que sa force était loin d’égaler la sienne, elle sentit sa terreur redoubler et lutta d’autant plus, des sanglots se mêlant à sa voix.
« … J’dirai rien ! Qui m’écouterait ?! J’dirai rien, juré ! »
Elle eut un hoquet rien de moins que pitoyable et lâcha :
« … Pitié… »

Il lui fallut encore quelques minutes entre cris, larmes et prières pour s’apercevoir qu’il venait de l’interpeller.
« T’es une sidhe-seer ?! »
… Quoi ? Une… Quoi ? C’était quoi ça ? Un nom de code ?
La respiration hachée, il lui fallut une poignée de secondes pour remettre le terme dans son contexte. En face d’elle, l’homme la regardait dans les yeux, semblant y voir une vérité à laquelle elle n’avait pas accès. Ses iris incandescents plongés dans les siennes, de ce vert impossible, il la contemplait comme on contemple un trésor insoupçonné. Lentement, ça revenait à Dust, ce que c’était que les sidhe-seers. Oui, parfois, au coin du feu, les rats parlent de ce qui se passe en-dehors de leur petit monde. Des faës, de la guerre éternelle de Pinxit contre ces êtres, mais aussi de ces… Autres. De cette race née pour éliminer les êtres magiques. De ces guerriers extraordinaires dont Pinxit avait pris possession. En quoi aurait-elle eu un lien avec eux ? Elle n’était qu’une gamine qui tentait de survivre tant bien que mal.
Perdue, n’arrivant pas à décrocher son regard du sien, elle ne put que le contempler.
« Une… Une quoi ? Une sidhe-seer ? De quoi est-ce que tu parles ? J’ai rien à voir avec toutes ces conneries ! Laisse-moi partir, je t’en prie ! »
Et alors qu’elle aurait combattu corps et âme pour protéger son intégrité, elle se surprit à offrir tout ce qu’elle pouvait. Absolument tout.
« … Je ferai tout ce que tu voudras. Tout. »
Et comme pour souligner ces propos, un dernier hoquet, piteux et misérable, secoua son faible corps.
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Mar 8 Sep - 21:46

Elle se débattait comme un animal piégé (ce qu’elle était, en fait). Shadow la maintenait comme un rien. Il raffermit d’un cran sa pression en la sentant gagner à l’épreuve de force. Ses doigts d’acier ne craignaient pas grand-chose et traitaient sa chevelure avec une délicatesse de bourreau.
Sa lame glissa à l’intérieur de son avant-bras. Shadow arrêta de menacer cette pauvre gamine. Naaan, maintenant, il la regardait comme ce qu’elle était, en fait : une montagne de pognon ambulante. Celle d’Aryan Turner, évidemment, mais une montagne de pognon tout de même.
Shadow pressa son index de métal sur les lèvres de la gamine.
Chhhht…, susurra-t-il.
Si tu connais si bien « The Shadow », tu devrais savoir que j’aime le silence.
… Je ferai tout ce que tu voudras. Tout.
Un sourire en coin flotta sur ses lèvres.
Génial.
Lâchant ses cheveux, il la saisit aux flancs et la jeta en travers de son épaule. Bien décidé à la ramener au bercail, Shadow se mit en marche.
Si tu gueules, dit-il tranquillement, je te coupe la langue. On saura faire sans.
Cette menace l’amadoua cinq minutes, le temps de sortir de ce quartier merdique et d’en atteindre un autre. Là, elle recommença à se débattre. Infatigable, la gamine ! Shadow la calma d’une frappe bien sentie à l’arrière de la tête, ce qui lui assura un nouveau quart d’heure de tranquillité. Elle se réveilla à Sighthill. Encombré de ce poids mort, Shadow était incapable d’emprunter ses voies habituelles : les toits. Il était cloué au sol, obligé de se faufiler de ruelle sombre en ruelle sombre, unique moyen d’éviter les habitants malfamés de cet endroit. Il s’en foutait bien de ces cons-là, mais il tenait à sa prise et avait autre chose à faire que de se battre contre l’un d’eux. Pire encore, il n’avait clairement pas envie de tomber nez-à-nez avec un troll ou un Ork de mauvaise humeur.
Bizarrement, cette virée-là se passa plutôt bien. Bon okay, la gamine se débattait toujours comme une furie, m’enfin quelle importance ? Le bras de Shadow agissait comme un étau et la maintenait collée à son épaule. Ses muscles geignaient, ses articulations en métal chuintaient (elle avait de la force la conne) car ils n’étaient clairement pas conçus dans cette optique-là (c’était le genre de Wade, ça, trimballer des gens comme des sacs)…cela dit ils tenaient le choc, et c’était tout ce qui comptait.
La gigantesque tour de Pinxit Industries grandissait à vue d’œil. Ses néons bleus brillaient dans la nuit. Brillaient malgré la grisaille des nuages de pollution. Brillaient comme le putain de phare du futur de l’Humanité, dirait Père. Shadow avait déjà hâte d’y être. Il commençait à en avoir marre d’entendre cette gamine gémir et jurer en essayant de se défiler.
Arrête de te débattre, soupira-t-il. Tu sais que tu deviens énervante ?
Déconner, c’était sa façon de cacher son malaise. Ce quartier-là, il l’esquivait en trois enjambées sur des toits bancals et troués. Jamais il ne s’y aventurait à pattes. Car là, il était vulnérable. Et cette conne de gamine allait encore rameuter tout le monde. Le monde, genre des bandes de trolls assoiffés de sang, qui gagnent leur vie en cassant des crânes dans la fosse ; le genre qui a comme diction « un bon gars de Pinxit est un gars de Pinxit mort. »
Et merde. Obligé de contourner une bâtisse effondrée, Shadow dut s’engager dans une rue où zonait une bande de trolls.
Ferme ta gueule, glissa-t-il à la gamine.
Je ne veux pas finir comme Hypno. Si ça se trouve, c’était même ces gars-là qui l’avaient désossé.
Shadow essaya de les ignorer. Il se tenait droit, les muscles bandés en une stature virile. Il fallait montrer qu’il était un alpha, comme eux. Les trolls le fixaient en grondant, comme s’ils se demandaient qui il était tout en ayant un sérieux doute là-dessus.
Et là, ce fut le drame. La gamine fit glisser son manteau sur son épaule, dévoilant son augmentation estampillée « PINXIT INDUSTRIES » …
Quelle soirée de merde.

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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Sam 12 Sep - 20:46

Elle aurait cru qu’il la prendrait ici et maintenant, en pleine ruelle. Aussi fut-elle surprise lorsqu’elle sentit sa masse légère soulevée et plaquée contre l’épaule de métal et d’acier. Tel un grain de sable sans importance, il commença à la brinquebaler à travers les ruelles de Glascow, avançant d’un pas nonchalant, sans se presser. Atterrée, rendue muette par le choc, Dust regardait, sans réellement le voir, le sol défiler sous ses yeux, les joues encore trempées de larmes. Son cœur dans sa poitrine tambourinait à cent à l’heure, et des pensées toutes plus confuses les unes que les autres s’entrechoquaient dans son esprit.
Que lui voulait-il ? Où l’emmenait-il ? Quel sort lui était réservé ? Avait-il prévu de faire d’elle son petit animal familier ? Allait-il choisir un endroit, encore plus perdu et plus sombre que celui qu’ils étaient en train de quitter, pour la violer, la tuer, et faire Dieu sait quoi de son cadavre ? A cette simple idée, son corps entier frissonna avant de se mettre à trembler violemment. Elle ne se laisserait pas faire ! Jamais ! Jamais elle ne mourrait comme ça ! Pas de cette manière- ! Cette flammèche rallumée au fond d’elle-même, elle se remit à se débattre de plus belle, luttant contre la fatalité incarnée par la force de la poigne de son ravisseur.
« Jamais ! Jamais ! Jamais ! »
Si Glascow restait silencieux à ses appels, peut-être qu’une divinité étrangère l’écouterait, qui sait ?

Toutefois, au cinquième « Jam… », un lourd poing s’abattit sur l’arrière de son crâne, la plongeant dans l’obscurité la plus totale.
Apparemment, le panthéon entier n’en avait rien à foutre de sa petite personne.

Lorsqu’elle se réveilla, un quart d’heure plus tard, il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits, sa maigre carcasse ballotant toujours sur l’épaule de l’agent de Pinxit. Sa tête lui faisait un mal de chien. Elle tenta tant bien que mal de la tourner pour voir où ils étaient, mais cet effort lui arracha un gémissement de douleur, comme mille coups s’abattant sur son crâne. Son cuir chevelu la tiraillait à force d’avoir été tiré sans douceur, et ses membres commençaient à protester contre le fait d’être autant comprimés. Serrant les dents, la gamine chercha à se défaire de l’emprise de l’Ombre avec plus de détermination. Son genou alla rencontrer sans ménagement ses côtes. Son dos se cambra, ou en tout cas tenta de le faire. Il y eut quelques chuintements métalliques et deux ou trois protestations de la part des prothèses de l’autre, mais rien ne bougea d’un millimètre. Ces enflures de Pinxit faisaient malheureusement bien leur travail. Elle espérait néanmoins pouvoir gagner du temps. Elle ne savait pas ce qu’il lui voulait, mais avait dans l’idée qu’une fois qu’ils seraient arrivés à destination, elle n’aimerait pas ce qui allait lui arriver.
Malgré la souffrance, ses pensées carburaient à toute allure. Mille hypothèses fleurissaient en elle, toutes plus affreuses les unes que les autres. Du coin de l’œil, elle aperçut la tour de Pinxit, immense et dominatrice. Voulait-il faire d’elle un nouveau cobaye ?
T’es une sidhe-seer ?!
Non. Elle n’y croyait pas une seule seconde. Tout ça, c’était des conneries.

« Arrête de te débattre. Tu sais que tu deviens énervante ? »
En temps normal, l’ironie faisait partie de ces passe-temps favoris. Etrangement, elle y goûtait un peu moins dans l’état actuel des circonstances. La remarque blasée de l’archandroïde n’eut pour seul effet que d’attiser un peu plus sa rage. Sa voix fatiguait, mais peu lui importait. Si c’était là ses derniers instants, elle donnerait tout ce qu’elle avait.
« Tu peux crever ! Vous pouvez tous crever, toi et les connards de Pinxit ! J’ai rien à voir là-dedans ! J’m’en fous de vos histoires ! J’suis pas une… »
Les mots moururent dans sa gorge à l’instant où elle allait les prononcer, leur donner vie. Ils n’avaient croisé que très peu de personnes jusqu’alors, et les rares individus qui les avaient vus passer avaient clairement montré leur désintérêts pour la mioche. Un rat des rues qui se faisait harponner, la routine habituelle. Et puis, par ailleurs, qui irait se frotter à The Shadow à une heure aussi tardive, au cœur de la nuit ? Qui serait assez fou pour l’affronter sur son propre terrain ? Pour une pareille proie, qui plus est. A leurs yeux, elle n’était que Dust. L’adolescent gringalet qui chapardait çà et là, et qui savait qu’un jour, indubitablement, il se ferait pincer pour sûr. Son heure avait sonné. Tant pis pour lui.
Ou bien… Peut-être pas.
Devant les yeux écarquillés par la peur, la douleur et la haine, devant ces yeux d’un vert unique, se tenaient ceux qui, oh oui, n’attendait que d’en découdre avec The Shadow. Avec ce chien soumis au système. Dust distingua peu à peu leurs silhouettes baraquées qui s’extirpaient des ténèbres des ruelles aux alentours, avançant d’un pas lourd vers eux. Sur leur propre visage s’inscrivait le doute, car ils ne savaient pas encore réellement à qui ils avaient à faire même si, créatures destinés à chasser dans l’ombre, ils le sentaient. Ils flairaient son odeur comme on capte celle d’un autre prédateur sur son propre territoire.

Alors, Ombre d’entre les ombres, que vas-tu faire contre ces monstres dont même notre monde n’a pas voulu ?

« Ferme ta gueule. » lui chuchota l’homme.
Si elle avait pu, la rouquine aurait éclaté de rire. A la place, dans une dernière secousse, elle s’agrippa à la première chose qui lui tombait sous la main. Le tissu rêche du manteau de l’autre s’imprima contre sa paume, mais elle fut aveugle au logo de la marque révélé, tout comme elle se soucia peu du nom mis à découvert. A vrai dire, la seule chose qui accaparait son attention toute entière était la horde de trolls qui se dessinait peu à peu autour de leur saisissant duo. Ils n’étaient qu’une poignée, six tout au plus, mais pour un seul homme, même amélioré, c’était bien suffisant, et surtout… Surtout… Parmi eux se tenait un plus jeune, sans doute le plus jeune, mais toutefois assez vieux pour se déplacer parmi eux. Les tremblements de la jeune fille reprirent, mais pas pour les mêmes raisons. Jamais elle n’avait été aussi heureuse de revoir Ilrich Klaas, œuvrant auparavant pour Pinxit, mais qui avait été traîné dans la boue par ses anciens pairs.
Sans mal, elle reconnut les cornes dont ses épaules étaient ornées, l’une d’elle étant brisée en un signe distinctif. Leurs yeux se rencontrèrent à travers la nuit, l’ocre et l’émeraude s’accrochant de manière presque impulsive. Une inspiration, une seule. Et avec elle, tous les souvenirs de moments passés en compagnie du jeune troll, à partir du jour où elle l’avait trouvé meurtri, blessé et abandonné, et où elle avait décidé de lui porter secours. Elle savait bien le malaise qu’elle inspirait aux faës, tout comme eux la révulsaient, néanmoins elle avait noté sa jeunesse. N’aurait-elle pas aimé que pareil service lui soit rendu si sa situation était similaire ?

Dès la première seconde, elle avait deviné que c’était une mauvaise idée pour un tas de raisons, chacune aussi valable que la précédente. Mais la vie dans la rue n’était pas juste, et n’obéissait à aucune logique apparente. La justice qui régnait en ce monde n’avait rien de divin, et restait celle des hommes. Elevée dans le concept du profit, elle s’était rassurée elle-même en se disant que cela lui offrait une dette de la part d’un individu dix fois plus avantagé qu’elle physiquement. Ce n’était pas à ignorer. Et c’était en vue de cela, et uniquement de cela, qu’elle s’était prise à lui rendre visite régulièrement, à prendre de ses nouvelles, à examiner ses blessures, à lui apporter à manger, et…
Et puis ça s’était fini en une amitié un peu bizarre, qu’elle osait à moitié s’avouer. Car il était un troll, et que sa simple présence nouait son estomac. Mais malgré ça, il y avait eu cette reconnaissance entre eux. Le fait de se découvrir similaires sur bien des points, malgré le fossé entre leurs deux existences. Dust ne pouvait nier que, lorsqu’elle observait Ilrich, elle voyait une part d’elle-même en lui, et inversement. Sans s’en rendre compte, elle s’était mise à lui en avouer plus qu’à bien d’autres, et à s’intéresser à sa propre existence, sa propre race.

Ne t’inquiète pas, Shadow. Tu vas entendre pour la dernière fois ma voix, et ensuite, tu n’auras plus à te plaindre de moi. Tu auras bien d’autres préoccupations.
La voix de la sidhe-seer s’éleva, claire et pure, et celle née pour combattre les faës parla le patois d’une de leur race.
« Aide ! Aidez-moi ! S’il vous plait ! Frères ! »
Ce n’était qu’une gerbe de mots qu’il lui avait appris et qu’elle avait su retenir, mais c’était déjà bien suffisant pour réussir à accaparer leur attention. Instinctivement, ils allèrent vers eux, s’échangeant des propos suspicieux dans leur langue, mais venant quand même. Elle saisit sa chance et continua sur la même lancée :
« Aide ! »
Puis ajouta, revenant au langage humain :
« Il veut m’emmener à Pinxit et me faire découper comme un cobaye ! C’est un de leurs agents ! C’est l’Ombre ! »
Plusieurs cris furent émis face à cette information. Un mot fut répété, doucement d’abord, hésitant, puis, à la vue de la marque de Pinxit sur l’épaule de l’archandroïde, plus fort. Bientôt, ils vociférèrent tous, le beuglant à qui mieux mieux. Et sans parler davantage que ça le troll, Dust sut que ce mot ne signifiait ni plus ni moins que « l’Ombre », et que celle-ci avait intérêt à courir très vite. Pleurant presque de soulagement, elle joua son dernier atout, apostrophant son ami.
« Ilrich ! Ilrich, aide-moi ! »
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Mer 16 Sep - 17:16

-----Plusieurs mois déjà que combats et rapts avaient remplacés les tours de garde et les remises en règle que Pinxit prenait cœur à mettre en œuvre. Plusieurs mois qu'une nouvelle vie se construisait, tout aussi désagréable qu'auparavant, mais où, au moins, Ilrich apprenait à se battre, et n'était pas entouré uniquement de Trolls jaloux et envieux qui ne désiraient qu'une seule chose: être supérieur aux autres, se démarquer, être reconnu par Pinxit. Non, là au moins, Ilrich avait trouvé une communauté qui, en partie du moins, cherchait à créer une sorte de ... famille, de clan, de tribu. Un groupuscule d'être se ressemblant physiquement, et dont les intérêts communs les avaient amenés à se retrouver. La liberté, l'indépendance, la possibilité d'agir sans que chacun de ses choix ne soit brimé par une quelconque autorité. Certes, ce n'est pas le cas, et ils survivaient plus qu'ils ne vivaient, mais au moins c'était là leur intention. Et tous œuvraient au même dessein. Le clan des os était en cela la meilleure chose qui ait pu arriver à Ilrich, et de par ce fait, son lynchage en avait été des plus bénéfiques. Le fait qu'il eut été retrouvé et recueillit par cette fameuse Dust y comptait aussi pour beaucoup. Bien que pour le jeune Troll, Dust soit toujours un jeune adolescent à la voix parfois bien fluette.

-----Ainsi, il était de nouveau parmi des représentants de sa race, chose qui pour Ilrich était bien plus agréable que de se retrouver avec des humains, des Orks, ou des faë puisqu'il était né Troll, et avait donc dès sa naissance assimilé le fait que différentes races existaient. Non pas comme les autres, les anciens comme il les appelait, qui avaient été mutés de leur vivant. Son intégration récente l'avait amené à devoir prouver son allégeance, ou plutôt, son patriotisme en effectuant toute une série de tâches plus ou moins pénibles et ennuyantes, voir dangereuses. Une sorte de bizutage en somme, version Troll. Combats à la fosse, missions d'exploration, surveillances des "quartiers", ou du moins, des zones considérées comme sûre. Un planning musclé comme il se doit.

-----C'est donc ainsi que notre cher petit Ilrich fut de la partie lorsqu'il fut question de devoir surveiller un point stratégique où avait été observé une trop forte concentration de troupes affiliés à Pinxit Industries. Tout le journée fut série de rondes et autres mouvements d'hommes (enfin... de Trolls),avec à chaque fois un contingent d'une dizaine de personne sur le point principal. Aucuns accrocs ne fut signalés, la masse de Troll intimidants surement d'avantage ces faibles humains, qui craignaient alors d'y perdre trop, autant en coup matériel qu'humain. En revanche, la soirée apporta son lot de compensation, ravivant d'un même coup la bestialité tribale de certain, qui commençaient soit à s'endormir, soit à organiser de petit combats amicaux. (à comprendre sans effusion de sang ni brisage d'os)
-----Le bruit difforme de personnes parlant entre-elles, d'un ton qui ne suggérait rien de bienveillant. Puis cette silhouette, ridicule de par sa taille, mais tout de même imposante de par l'aura qui en émanait. Une ombre oui, c'était bien cela. Malgré la sangsue légèrement plus clair qui pendait sous l'un de ses bras. Une sangsue au visage bien incongru. Dust !! Mais qu'est-ce qu'il faisait là ?! Et surtout.. comment s'était-il débrouillé pour se faire prendre par LUI ? La légendaire discrétion de son ami venait d'en prendre un sacré coup. Mais il n'y avait pas le temps de réfléchir plus longtemps au pourquoi du comment, le fait est qu'il avait besoin d'aide. Et ça tombait bien, il y avait une vingtaines de bras pour la sortir de ce mauvais pas !

-----Langue Troll ou non, Ilrich avait compris ce que demandait Dust, et il s'empressa d'en faire part à ceux qui l'entouraient, le parler de Dust n'étant pas des plus compréhensibles.
"J'ai une dette envers lui, allons l'aider, l'autre est seul et encombré, il réfléchira à deux fois entre sa vie et sa proie..." lança Ilrich en même temps qu'il agitait les bras pour signaler à ceux plus loin qu'il fallait supporter ce sac à patates gesticulant dans les bras de Skylar.

-----D'abord réticents, ils ne furent toutefois pas bien long à se décider lorsque d'une ultime secousse Dust révéla le logo de Pinxit Industries. La jeune fille eut beau annoncer vaillamment qu'il était de Pinxit, qu'il souhaité l'emmener, ce qu'elle vociféra fut inutile. Le sigle avait suffit à lui seul. Les voix s'élevaient parmi les Trolls, certains tachant de modérer les ardeurs sanguinaires des autres, en vain. Au final, tous se rapprochaient dangereusement de l'Ombre, l'encerclant afin de lui couper toute échappatoire. S'il désirait fuir, il lui faudrait sauter, encore puisse-t-il réussir à s'élever suffisamment haut pour ne pas se faire toucher par un quelconque projectile lancé par les Trolls. Et dans ce cas là, il lui faudrait abandonner sa fameuse proie. Sinon.... il lui faudrait combattre. Au plus grand plaisir de ces brutes épaisses toute faites de muscle et de soif de violence. Ou presque. Enfin, non, toutes, mais pas tout le temps, enfin bref... Au plus grand plaisir de ces brutes de Trolls, odnt la taille moyenne avoisinait les trois mètres.
-----Ilrich était ainsi l'un des plus petits du haut de son mètre cinquante, mais cela ne l'empêchait pas d'avancer droit vers Skylar, avec la ferme envie de libérer son amie, laquelle il ne cessait de regarder. Ce bout de gosse qui l'avait sauvé d'une fin pitoyable, et qui malgré leurs différents l'avait aidé. La peur avait toujours été un sentiment en suspension lorsqu'il était là, mais pour autant, Ilrich n'avait jamais réussi à mettre le point sur la raison de cette peur. Peut-être due à l'angoisse de pouvoir briser son corps d'une simple étreinte, ou au fait que chaque fois sa présence lui faisait se remémorer la situation dans laquelle il s'était trouvé, et grâce à qui il devait la vie. C'était une sensation étrange, qui toujours était présente, quelle que soit la situation, un sentiment auquel Ilrich s'habituait, puisque finalement, la peur était en grande partie son quotidien.

"Tiens bon Dust !"

-----À grand pas, les Trolls se rapprochaient des deux arrivants, certains notant toutefois la présence de cette side-sheer en la personne de Dust. Ce qui fut source d'un nouveau concert de questionnements, qu'Ilrich avait bien du mal à faire taire. D'une part leur peur de la magie et de ce qui s'y rapprochait les poussaient à laisser l'Ombre et sa proie de Side-sheer à leur occupations, d'autres part, l'envie d'en découdre avec l'Ombre et de s'en débarrasser, ou du moins de la renvoyer avec une belle lettre d'amitié à Pinxit faisait miroiter plusieurs regards. Les avis divergeaient, et l'on ne savait finalement pas qui allait n'être que simple spectateur, qui allait fuir, ou qui allait prendre part à la protection de Dust. Pour Ilrich, le choix était tout fait, il devait sauver son amie, qu'importe le prix que cela lui en coûterait. Après tout... il lui devait la vie, et c'était là une bien pesante dette.

[HRP: À prendre avec des pincettes, je sais pas si le début est cohérent ><]
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MessageSujet: Re: A shadow among the darkness - Sharon   Jeu 17 Sep - 0:39

La gamine se mit à baragouiner des trucs ; le genre de trucs dont on devine le sens sans être un expert. Shadow lui flanqua une énième raclée, espérant la faire taire…mais c’était trop tard. Il portait la marque de Pinxit. Si ç’avait été une vulgaire augmentation achetée au marché noir, ça serait passé…mais là, son corps entier était une propriété de l’Entreprise, ça sautait aux yeux. Sans compter le « C’est un de leurs agents ! C’est l’Ombre ! » de la gamine.
Shadow continuait d’avancer comme s’il se foutait de la racaille qui marmonnait son nom. En fait, il était même flatté de voir à quel point on craignait l’Ombre de Pinxit. Si même des trolls hésitaient à le fracasser, c’est que sa réputation n’était plus à faire. Cela dit l’effet fut bref. Deux mastodontes de trois mètres chacun se plantèrent devant lui, bras croisés et l’air « pas du genre à discuter. » Shadow s’arrêta, encerclé.
T’es amie avec un troll ? Chuchota-t-il à la gamine.
Sa façon de se débattre était assez éloquente.
Shadow éclata de rire.
Génial ! J’aime les surprises. C’est qu’on se fait chier à Pinxit, tu sais ?
Il raffermit son étreinte et avança d’un pas.
– Laissez-moi passer, je n’ai pas de temps à perdre.
Vous entendez ça les gars ? Lâcha une voix caverneuse appartenant à un énorme troll dont les canines inférieures saillaient de la bouche. Le chien doit retourner chez son maître.
Exact, et si je veux ma caresse derrière l’oreille, j’ai intérêt à me bouger.
Quand on en aura fini avec toi, tout ce qu’il reconnaîtra c’est ton joli collier.
Bien. La situation était…compliquée. S’il avait été seul, déjà, cette situation de merde ne serait jamais arrivée ; et il se serait déjà tiré. Ouais, Shadow était lâche, et alors ? Ceux qui se battent à la loyale ont une fâcheuse tendance à crever…ça devrait l’encourager ? Sans compter qu’il était un assassin. Il choisissait ses cibles, éliminait les faibles d’abord, les coriaces ensuite (s’il ne les abandonnait pas aux bons soins de ses frères). Et les coriaces, il les affaiblissait à grand renfort de lames empoisonnées et d’attaques sournoises. C’était comme ça qu’il allait se débarrasser de ces trolls…
A condition de lâcher sa prise, et de la voir lui filer entrer les doigts. Le choix était simple : lâcher la gamine et se tirer…ou mourir. Encore que « se tirer » incluait le risque de se faire attraper et…ben, mourir. Réduire en pièces détachées, très exactement.
Shadow soupira.
For fuck’s sake, grogna-t-il avec son bel accent yankee.
Les muscles synthétiques de son bras se détendirent et d’un mouvement de l’épaule, Shadow se débarrassa de la gamine. Elle s’échoua brutalement dans un amas de déchets et d’immondices et, tout juste ramassée, elle mit le maximum de distance entre elle et l’Ombre. Shadow la regarda s’éloigner, un léger sourire aux lèvres.
C’est ça, tire-toi. Si je meurs ici, un autre chien te dénichera ! Souviens-toi !
Shadow était foutrement mal à l’aise mais il refusait de reculer. Il rajusta tranquillement son manteau et à l’instant où il entendit le chef troll beugler : « Tuez-le ! » il réagit comme un fauve aux aguets.
Il chargea un troll au hasard. Il essaya de le balayer d’un revers de la main. Shadow l’évita et bondit sur son épaule. Très en colère, le troll bougea en tous sens en s’efforçant de l’attraper. Shadow dégaina ses lames. Il les enfonça toutes deux dans la nuque du faë tout en glissant sur sa colonne vertébrale. Un sillon sanglant ouvrit son dos en deux. Ses viscères fumants jaillirent comme de la gerbe. Son copain essaya à son tour d’empoigner Shadow…sans succès. L’Ombre visa sa tête et lui envoya une de ses lames. Elle se détacha de son bras en une détonation avant d’être propulsée droit dans la boîte crânienne du type. Shadow l’arracha de son cadavre et la réintégra à son avant-bras.
Il usa des deux trolls morts comme d’un tremplin, bondissant et s’accrochant à un mur. Là, il commença à grimper…et il se croyait en sécurité quand il sentit quelque chose s’enrouler autour de sa cheville. Il y jetait tout juste un œil qu’on le tirait vers le bas. Le vieux plâtre s’effrita tout à coup sous ses doigts. Shadow lâcha prise et s’échoua avec force sur le sol. Il se ramassa sur le côté, à-demi sonné.
Et acculé.

_________________
    You saw my light start to fade when my heart turned cold
    You saw the fright in my eyes when they raped my soul
    I always tried to be good, but was misunderstood
    I always tried to be good, I tried the best I could
    You saw me cryin', mm-hmm
    You saw me cryin', mm-hmm

    I burned the past, burned it down, left it all behind
    Was born again from the ashes that were on the ground
    I'm healing well, getting strong with every passing day
    But it's so hard when the world wants you to go away
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